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Soyez un aigle pour résister en silence

Aigle, la hauteur de vue et le silence pour avancer

Aigle

Aigle: partage de publication

En lien avec le roman le chant du tambour Fiction sur la quête et la mission d’un amérindien

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Ne soyez pas un corbeau, soyez un aigle. Le corbeau parle fort et beaucoup, mais il ne vole pas haut. L’aigle est silencieux et il a le pouvoir de toucher le ciel.

Sagesse amérindienne

Extrait

Les yeux fermés, Achack goûta à la solitude après un bain forcé dans une mer d’humains. Il releva la tête, un aigle volait au-dessus de lui, déployant ses longues rémiges incarnates dans le vent et planant en décrivant un large cercle. Un grand silence. Les alentours revêtirent un manteau écarlate. Fleuve, plage et monts disparurent dans un
grand brasier ardent. Seul le rapace resta dans la vision du
garçon.


Un grand feu rouge se dressa devant lui. Un aigle flamboyant en
sortit, le toucha, l’embrasa et retourna dans les flammes.

L’esprit


Achack sortit de sa torpeur. Le pourpre s’estompait peu à peu. Le ciel redevenait rosé, les berges lilas et l’eau saumon. Baissant à nouveau ses paupières, il savoura l’instant magique. Le don de sa vision. Après de nombreux jeûnes, les conditions favorables que seul décidaient les esprits, des langueurs et bien des détours pour y parvenir, il avait reçu le présent inestimable qu’attendaient tous les jeunes de son clan. En affrontant sa peur, en traversant dignement l’adversité, il avait enfin rencontré son esprit protecteur.

Aigle: le songe

Que signifiait ce songe ? Pourquoi toujours le feu, était-ce en rapport avec la prophétie relatée par son oncle ? L’esprit de l’aigle lui révélera en son temps son message. Il avait faim et froid, il devait trouver au plus vite une place pour préparer le foyer et manger les poissons séchés. Quand il ouvrit les yeux pour discerner où planter son camp, il découvrit, stupéfait, une bande d’enfants, petits et grands, en arc de cercle devant lui. Il ne les avait pas entendus, ni même sentis, tant il était habité par sa vision.

L’Indien

Au retour de leur excursion dominicale, les jeunes avaient trouvé un Indien priant ses dieux ou le diable, posé sur la dune, perdu dans sa méditation, sa peau étrangement cuivrée, un tambourin à ses côtés, armé comme s’il était sur le sentier de la guerre. Ils avaient d’abord eu peur
de lui, pourtant seul et guère plus âgé qu’eux. Ils avaient attendu qu’enfin il ouvre les yeux pour lui faire sentir, à leur façon, qu’il n’était pas ici chez lui, qu’il avait eu tort de quitter sa réserve, qu’il était un étranger puant, alcoolique, violent, fainéant et différent, comme le disaient souvent leurs parents. Se resserrant en un groupe compact et menaçant, les garçons s’apprêtèrent à frapper le sauvage, lui infliger une correction semblable à celles qu’ils recevaient à la maison. Ils le provoquèrent en se moquant de lui, le rabaissèrent par des mots injurieux, lui crachant dessus. Encouragés par les plus grands, les petits lui envoyèrent du sable dans les yeux, certains même se risquèrent à lui arracher la percussion des mains.

Aigle: l’arc

Tendu comme un arc, l’Algonquin reçut les traits de haine avec dignité. On lui avait appris à toucher l’adversaire avec un bâton plutôt que de le tuer, un acte d’honneur et de respect. Aussi il prit sa lance, la retourna
pour atteindre un bambin qui venait de se saisir de son sac. Le gamin, surpris, tomba à la renverse. Effrayés, ses camarades le relevèrent et reformèrent aussitôt le cercle. La guerre avait commencé. Achack paniqua. Ses ennemis avaient mal interprété son geste, ils allaient le massacrer. Il chercha désespérément une issue. Laissant à terre son
arme, il se redressa et, tous ses muscles bandés, se prépara à combattre à mains nues. Ses jeunes agresseurs avaient peur eux aussi. Ils hésitaient, ils étaient allés trop loin.

La traversée

Achack leva la tête vers le ciel rubis, afin de demander le secours de son animal totem, mais l’aigle n’était plus là ! Il le sentit en lui, l’incitant à traverser en silence l’adversité. Il rangea calmement sa pique, plaça son sac sur le dos et franchit avec calme la mêlée de ces êtres qui, comme lui, étaient faits de chair, de sang, d’émotions et de vulnérabilité. Personne n’osa l’arrêter.

aigle ou paon

Aigle : résistance

Nous n’avons pas à choisir entre deux manières d’abandonner la liberté, mais, tel le paon déployant sa roue de beauté, la défendre au contraire, elle qui est aujourd’hui gravement menacée.

Par jean-luc bremond

Je suis né en 1964. Depuis de nombreuses années, je vis avec ma famille dans une communauté axée sur la non-violence où j'exerce le métier de boulanger et de potier. Je joue de la musique et anime des ateliers de danse traditionnelle. C'est en marchant dans les grands espaces ventés du haut Languedoc que des histoires sont nées, nourries de la richesse de l’expérience communautaire. Romans de fictions, contemporaines ou historiques, sur la résistance des individus et des peuples pour conquérir la liberté.

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